Chenonceaux


 

henonceaux....Pour cet autre bijou de la Loire, le mot château devrait être féminin, car ce sont les femmes qui ont tour à tour inspirés les artistes créant cette radieuse beauté. Six femmes exactement, et non des moindres, qui ont fait de cette demeure royale le château le plus visité après Versailles....

u XIIIème au XVème siècle, la famille Marques sera propriétaire d'un modeste manoir érigé sur les terres de Chenonceaux. Jean de Marques s'étant rendu coupable de rébellion contre le pouvoir, la demeure sera tout bonnement rasée en 1411. A sa place en 1432, le maître des lieux, décidément bien provoquant, fera bâtir un petit château féodal dont il ne subsiste aujourd'hui qu'une tour imposante appelée tour des Marques, ainsi qu'un puits ravissant.

    Tour de Marques 

ntre 1515 et 1522, Catherine Briçonnet épouse de Thomas BOHIER, receveur général des finances, première à revendiquer l'influence de la renaissance italienne, fait bâtir un des plus remarquables édifices de cette période sur la rive droite du Cher. Le château se compose alors du corps de logis flanqué de quatre tourelles.

n 1524, Chenonceaux est rattaché à la couronne, le souverain de l'époque, Henri II en fait présent à l'amour de sa vie, non pas son épouse Catherine de Médicis, sa maîtresse en titre et favorite royale, l'éternellement belle Diane de Poitiers. Le cadeau est appréciable, il est d'ailleurs fort apprécié par l'élue, au grand dam de la reine qui pense qu'un apanage royal ne peut servir de récompense pour le service du lit....

 

Diane de Poitiers

iane de Poitiers fera édifier le pont qui enjambe le Cher, mais en premier lieu celui-ci se terminait par un corps de logis rectangulaire orné de tourelles. Henri II visiblement très épris de sa maîtresse a voulu dédier la magnifique demeure à Diane, partout ce ne sont que croissants de lune (emblème de la déesse de la chasse) formant la lettre "D" entremêlée à la lettre "H" comme Henri. Suprême astuce, en regardant le monogramme un visiteur non averti voit le "C" de Catherine se mêlant à l'initiale de son royal époux.

Initiales Henri II et Diane de Poitiers (ou Catherine de Médicis ? )

élas pour la concubine dans la nuit du 10 juillet 1559, le roi Henri II succombe à une horrible blessure infligée lors d'un tournoi (la lance tenue par son ami le capitaine écossais Montgomery pénétrera sous le heaume pour s'enfoncer dans l'oeil et créer ainsi au niveau du cerveau de terribles lésions irréversibles). Le roi sombrera dans un coma dont il ne sortira plus. Une anecdote célèbre raconte que le chirurgien de la cour, Ambroise Paré, aurait fait décapiter six condamnés à mort afin de reproduire dans leurs crânes la blessure et ainsi sauver le roi. Ce fut au sixième et dernier essai qu'Ambroise Paré réussissant une trajectoire identique comprit qu'il n'y avait plus rien à faire. Il restait deux femmes meurtries dans un terrible face à face. Diane devenue humble tout à coup attendait que la reine Catherine statue sur son sort, celle-ci se contentera de lui reprendre les bijoux présents du roi, et surtout de lui échanger Chenonceaux contre Chaumont (beaucoup moins beau). Diane soulagée de conserver une tête sur ses épaules se retirera en son château d'Anet après cette sentence définitive de la souveraine : "je défends à la Mère Poitiers de reparaître jamais à la cour". Débarrassée de sa rivale, la reine fera construire la galerie à deux étages, longue de 60 mètres, sur les arches existantes, ce qui donnera à Chenonceaux son aspect actuel reliant les deux rives du Cher.

La Reine Catherine de Médicis

n 1589, la veuve de Henri III, Louise de Lorraine-Vaudémont, se réfugiera à Chenonceaux parée  du deuil blanc des reines catholiques. D'une tristesse congénitale elle fit recouvrir plafonds, meubles et fenêtres de tentures noires. Vous pouvez encore voir la chambre de cette reine de France, qui a peut-être mérité le titre de reine-vierge, c'est la seule pièce du château qui reflète le malheur et le deuil. En pénétrant chez cette souveraine un malaise vous étreint et le poids de son immense chagrin pèse lourdement sur vos épaules.

assons sur le séjour du bâtard légitimé du bon roi Henri IV  César de Vendôme, et celui du Prince de Conti, ces deux possesseurs de l'admirable demeure n'ayant rien apporté de nouveau au charme du site.

n 1733, c'est le fermier général Claude Dupin qui devient acquéreur de Chenonceaux. Son épouse Louise, si elle ne modifie nullement l'architecture fera beaucoup pour la vie et la réputation du  château en conviant à sa table écrivains, philosophes, artistes et autres savants. Jean-Jacques Rousseau sera un temps le secrétaire de cette femme à l'esprit éclairé, qui nous donnera l'un de nos  plus grands écrivains: sa petite fille Aurore Dupin baronne Dudevant, future George Sand.

n 1864, la sixième et dernière femme dont le nom est attaché à Chenonceaux fut Marguerite Pelouze, qui toute sa vie consacra sa fortune à la restauration du merveilleux édifice. Malheureusement cette dernière "mécène" poussera un peu loin sa liberté de modifications intérieures. Depuis 1952, l'Etat essaie de corriger ses erreurs et de rendre à Chenonceaux son apparence du XVIème siècle.

n 1913, la famille Menier (vous savez le chocolat) acquiert  ce merveilleux chef d'oeuvre de la renaissance. Nous devons à cette famille, qui le possède encore aujourd'hui, l'avantage et le plaisir de pouvoir admirer l'un des monuments le plus beau et le mieux entretenu de notre patrimoine. Le perfectionnisme dans le bon goût des nouveaux châtelains se révèle également par la confection deux fois par semaine de somptueux  bouquets issus des jardins, donnant son inimitable touche intime au somptueux décor de Chenonceaux.

Jardin de la Reine Catherine

henonceaux est synonyme d'enchantement, le château lui-même construction magique à l'irréelle beauté. Les jardins ensuite semblent avoir été dessinés par les fées. Ce rayonnant édifice dédié à l'amour ne peut que captiver les milliers de visiteurs qui ont le privilège de le parcourir. Posé sur le Cher comme un papillon délicat  sur une fleur précieuse , il apparaît fragile dégageant une intimité unique pour un château de cette taille. La radieuse élégance de l'ensemble ne se retrouve dans aucune autre construction de la même époque. Non content d'être superbement beau, Chenonceaux a également joué un rôle protecteur et bénéfique pour ses enfants de France. la galerie sur le Cher servira d'hôpital durant la première guerre de 1914-1918, et  sauvera bien des vies pendant la guerre de 1939-1945 en représentant le pont salvateur vers la zone libre.

Galerie Catherine de Médicis

henonceaux le "Château des Dames", pur diamant de la renaissance vous attend du haut de ses 500 ans, en l'admirant , vous ranimerez l'hommage rendu à la belle des belles : l'éblouissante Diane de Poitiers.

 

 Jardin de Diane de Poitiers

 


 

 

 

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