n
septembre 1519, François 1er le "Roi Chevalier", Nemrod
couronné, décide la construction, sur l'emplacement d'une
maison de chasse des comtes de Blois, d'un château lui
permettant de profiter pleinement d'une contrée au doux climat
et aux immenses forêts giboyeuses. C'est ainsi que va surgir
de la tête de ce souverain-phare de la Renaissance, un
gigantesque et pur joyaux : le Château de
Chambord.

rès de deux mille
ouvriers se consacreront pendant 28 ans à la construction de
ce caprice royal. En effet, comment appeler autrement cette
luxueuse résidence, que le souverain n'habitera que huit
semaines en trente-deux ans de règne ....
hambord
est imposant, c'est une oeuvre à l'altière beauté, il est
également le château aux 365 cheminées. Certains chroniqueurs
prêtent, sans preuves, à Léonard de Vinci l'élaboration des
plans de la royale demeure, ce qui ferait de Chambord l'oeuvre
posthume du génie italien, celui-ci étant décédé quatre mois
avant le début des travaux. Le grand escalier à double
révolution en particulier, semble désigner la "patte" de
l'artiste inventeur. En fait, le nom de l'architecte du plus
grand des châteaux de la Loire, n'est pas parvenu jusqu'à
nous. C'est dommage, il aurait mérité une statue....

orsque
vous passez la grille de ce seigneur, vous ne pouvez vous
empêcher de ressentir un vertige devant tant de grandeur, tout
y est perfection des lignes et des dimensions. Si vous avez la
chance que le soleil soit de la partie, le vertige devient
illusion d'optique, cette impression que le château avance
vers vous vous laisse pantois devant tant de beauté lumineuse,
et le frisson qui vous saisit ne doit rien à la saison. De
plus l'eau, servant de miroir à la somptueuse demeure, vous
offre deux monuments identiques, c'est Byzance.

'envers
vaut l'endroit, l'intérieur tout aussi somptueux vous entraîne
dans un rêve. Chambord devait permettre à son possesseur de
s'isoler facilement dans l'une des 440 pièces de l'édifice.
Tout au long de ce lieu mythique un cadeau vous est offert
: chaque visiteur ou visiteuse devient pour un court
instant roi ou reine de la rayonnante demeure.
edescendons
sur terre, nous allons maintenant rencontrer les différents et
réels propriétaires du Château-roi de la Loire. Nous avons
déjà vu que François 1er n'avait presque pas habité Chambord,
à sa mort en 1547, le château n'est toujours pas achevé, les
travaux s'étant souvent interrompus, notamment lors de la
captivité du Roi Chevalier après le désastre de Pavie (1525 -
1526). C'est sous le règne de Louis XIV, qui fera aménager ses
appartements privés que les travaux du colosse s'achèveront.
Stanislas Leszczynski (ne pas prononcer toutes les lettres)
souverain polonais déchu et beau-papa du roi Louis XV y
séjournera parfois. Avant que son bien-aimé gendre ne l'offre
au maréchal de Saxe. La révolution, selon sa vieille habitude,
le pillera et déménagera les meubles. Le maréchal
Berthier, sous-fifre de Napoléon occupera la royale demeure,
ce qui ne changera rien, fort heureusement, pour le lieu. Sous
la restauration Chambord revient dans la famille, il est
offert au Duc de Bordeaux, Comte de Chambord (!), qui ne
règnera jamais sous le nom de Henri V. Ce dernier Bourbon
élevé par la Duchesse d'Angoulême, fille de Marie-Antoinette,
n'acceptera jamais le rouge du drapeau français. Si Madame
Royale, ange vengeur des ultras royalistes ne pouvait accepter
la couleur qui lui rappelait le sang de ses parents martyrs,
son neveu n'aurait, à mon humble avis, pas dû persister quand
le royaume de France était en jeu. Un autre Henri, numéro
quatre celui-là, pensait que "Paris valait bien une messe", le
dernier descendant des bourbons devait penser que la capitale
de son futur royaume ne valait pas un morceau de tissu. Tant
pis pour lui, mais vu le genre de priorité du dernier
rejeton de la branche aînée, tant mieux pour nous....Les
descendants du non-roi, les Bourbon-Parme, finiront par vendre
à l'état le château de Chambord, sans doute trop majestueux
pour eux, en 1932. Les Monuments historiques veillent depuis
avec soin sur ce flamboyant chef d'oeuvre, bénis
soient-ils....

a
prochaine fois que vos pas vous mèneront aux abords de
l'ombrageuse Loire, n'hésitez pas, Chambord vous attend, pour
quelques instants magiques, sur les pas du galant François
1er, prenez possession d'un des plus beaux fleurons de notre
patrimoine.