areillement à son père, Philippe III
n'était pas l'aîné, il ne dut son avènement qu'au décès de son
frère Louis. Le nouveau roi est faible, dominé par son
entourage, il est vrai que la grande ombre de son père ne
l'aide pas à développer sa personnalité.
u début du règne de Philippe III le
domaine royal continue de s'agrandir, mais ce n'est ni par les
armes, ni par mariage avantageux, simplement par héritage
laissé au roi par son oncle Alphonse de Poitiers et sa tante
Jeanne de Toulouse décédés respectivement en 1270 et 1271. Les
possessions ainsi acquises comprennent: le comté de Toulouse,
le Rouergue, le Quercy, l'Agenais, l'Aunis, une partie de
l'Angoumois et de la Saintonge, le Poitou, l'Auvergne et le
marquisat de Provence. La manne était fort belle, si Philippe
avait obtenu ces nouveaux territoires sans belle victoire ou
tactique politique, il eut le mérite, bien involontaire de
n'avoir fait couler aucune goutte de sang.
erriblement faible le nouveau souverain
sera le premier de sa dynastie à abandonner le pouvoir tout
d'abord à son conseiller Mathieu de Vendôme abbé de Saint
Denis et surtout son favori Pierre de la Brosse, que la
deuxième épouse du roi, Marie de Brabant, (la première Isabelle
d'Aragon était morte à la fin du précédent chapitre en
rentrant de Tunis) éloignera du pouvoir avant de
tranquillement le faire pendre.... La reine aura beaucoup
d'influence sur Philippe, dont elle profitera surtout en
instituant à la cour de France l'ébauche d'une "Etiquette" qui
au cours des prochaines monarchies commandera aux devoirs,
droits et obligations des rois.
ais le plus influent reste l'oncle du
souverain, dernier frère de Saint Louis, Charles d'Anjou qui
tient véritablement les rênes du pouvoir. Malheureusement ce
prince puissant à l'ambition sans borne n'avait rien des
qualités de son aîné, il donnera à son neveu de
désastreux conseils notamment en politique extérieure. Il
poussera le roi à s'emparer par deux fois de la couronne de
Castille en vain, mais c'est au cours de la "croisade"
d'Aragon, que l'incompétence de Charles, également roi de
Sicile, atteindra son apogée. Le roi d'Aragon Pierre III
débarque sur l'île en 1282, afin de châtier la population
locale responsable du massacre des Angevins. Aussitôt Charles
pousse le roi de France à intervenir manu militari, dans la
foulée Philippe III fit donné par le pape Martin IV la
couronne d'Aragon à son fils Charles de Valois. La suite des
évènements ne fit rien pour la gloire de la dynastie, après la
prise d'Elne en mai 1285 et celle de Gérone en septembre, la
flotte française est détruite à Las Hormigas, la maladie
décime littéralement l'armée, Philippe III tombe lui-même
gravement malade, il en mourra le 5 octobre 1285 à Perpignan
après quinze ans de règne.
e ce roi, arbuste maladroit ayant du mal à
s'épanouir à l'ombre du grand chêne que représentait son père,
il serait ingrat de dire qu'il n'a rien laissé. Il a réussi à
institué le pouvoir central de la justice à Paris, en créant
le Parlement qui n'était plus ces nombreuses assemblées
réunies au cours des précédents règnes. Ce fut vraiment
l'instauration d'un tribunal supérieur véritable institution
juridique, qui nécessitant des hommes hautement spécialisés
dans le droit et la procédure constitua la création d'un
nouveau corps de métier: les juristes, dont l'importance alla
croissant tout au long des affaires du royaume de France.
l eut également la bonne idée en 1284 de
marier son fils Philippe, futur Philippe le Bel à Jeanne,
héritière de la Champagne et surtout du puissant royaume de
Navarre, mariage qui permettra désormais la belle appellation
"Roi de France et de Navarre".
ous allons dans les quatre prochains
chapitres rencontrer les derniers Capétiens directs, leur
vie fut riche en rebondissements. Venez avec moi le long des
sombres couloirs du Palais de la Cité, assister à la fin des
premiers rois maudits ..........