LOUIS VII le Jeune

(1120 - 1180)

 

 

'est par pur hasard que Louis VII monta sur le trône. Destiné à l'église et éduqué en ce sens par Suger abbé de Saint-Denis, Louis  dû son avènement au décès de son frère aîné Philippe lors d'une chute de cheval. Pour une fois le hasard ne fit pas bien les choses en nous faisant hériter d'un roi médiocre et falot.

l'avènement de Louis la France jouissait d'un prestige certain lié à une renaissance intellectuelle. Tout était prêt pour un grand règne...... Il n'en fut rien. Louis VII sera un roi maladroit manquant de diplomatie et politiquement nul. Ce qu'il avait de mieux était sa femme Aliénor d'Aquitaine, qu'il fut, hélas, incapable de garder.

l est vrai que le roi est jeune à son accession au trône, 18 ans, mais son éducation éminemment religieuse fera de lui un être mou obéissant aveuglément aux pères de l'église, sans en posséder la finesse et l'intelligence.

on union avec Aliénor d'Aquitaine, à part le fait d'avoir une épouse à la beauté légendaire, lui apportait une puissance territoriale et de droit très importante (l'Aquitaine couvrait  une superficie de 19 de nos départements actuels). Cette province établissait également la supériorité du roi sur de nombreux grands fiefs, comme le Comté de Toulouse, dont le seigneur refusa de rendre hommage au souverain, celui-ci décida donc de châtier l'insolent, l'échec des armées royales fut retentissant, les autres seigneurs n'ayant pas daigné soutenir le roi, qui regagna ses pénates la tête basse ......

'ayant  absolument pas compris la leçon, Louis VII déclare la guerre au Comte Thibaut de Champagne. Les troupes royales ravagèrent le Comté et, à la prise de la ville de Vitry en Perthois mille personnes furent brûlées vives dans l'église. Le monde chrétien ne put que s'émouvoir de cette situation ce qui rongea de remords le roi. Il décida donc d'expier ses fautes dans une croisade qu'il entreprit trois ans plus tard malgré la vive opposition de Suger.

uger, l'ami et conseiller du roi Louis VI, continuait de diriger la plupart des grandes affaires du royaume. Il avait en tête en cette année 1132 de réhabiliter son église abbatiale de Saint-Denis, ce qui fut fait. La splendide église de Saint-Denis, future nécropole royale, prenait forme. Puissant homme d'état et grand bâtisseur Suger trouva sur sa route un rival en la personne du futur Saint Bernard abbé de Clairvaux, Bernard plus jeune que Suger, contrairement à l'abbé de Saint Denis est d'origine noble, et a choisit la vie monastique de son pleine gré ( Suger avait été offert par sa famille). Bernard ascète, théologien et brillant orateur, dur envers lui-même comme envers les autres, est révolté par la vie mondaine de l'abbé de Saint-Denis. La discipline exemplaire qui régissait sa vie décida le concile de Troyes à lui demander la rédaction des 72 règles des moines chevaliers de l'ordre du Temple en 1128.  Celui qui disait: "armée de foi au-dedans, de fer au-dehors", traça petit à petit la trame de vie de ces princes de l'église, admirables soldats du Christ.

endant ce temps, Louis VII qui décidément ne brille pas par son intelligence, après l'échec de la première croisade, en prépare une deuxième, il faut dire qu'il n'arrive pas à oublier les brûlés de Vitry et c'est en assassinant d'autres innocents, mais au nom de l'église et de Dieu cette fois, qu'il pense expier....Cette deuxième croisade rencontre de nombreux opposants, Suger en tête, mais le futur Saint-Bernard l'emporte. A l'assemblée de Vézelay en 1146 Louis VII prend la croix, de même que la Reine Aliénor ainsi que plusieurs barons et seigneurs du royaume. Ce fut à nouveau un échec retentissant mais il ne faut rien changer aux habitudes et en 1149 Louis VII rentre au bercail, le royaume qui dieu merci avait  été dirigé par Suger était prospère, pourvu que le roi ne gâche pas tout.

élas, trois fois hélas, Louis VII va commettre la troisième faute de son minable règne. Le roi et son épouse Aliénor s'entendent à peu près comme chien et chat. Certaines mauvaises langues ont prétendues que la Reine avait eu une conduite adultère pendant la croisade cela semble être pratique, quand on veut tuer son chien, on dit  qu'il a la rage. En fait les caractères opposés des époux ou plutôt le manque de caractère du roi face à celui bien trempé de son épouse paraissent une cause "réelle et sérieuse". Louis VII, sans réfléchir aux conséquences comme d'habitude songe à la séparation. Suger qui ferme les yeux et pense à l'Aquitaine essaie de résonner son poulain, mais à priori Saint-Bernard (pour une fois aussi stupide que son maître) l'emporte par abandon de l'adversaire. En l'occurrence la mort de Suger qui survient en début d'année 1151. Et voilà, Louis VII livré à lui-même depuis la mort de son mentor répudie Aliénor et perd l'Aquitaine. Le prétexte ? tout simplement un cousinage au cinquième degré entre les époux, cousinage qui ne semblait pas existé lors du mariage des deux protagonistes. Cette séparation n'est pas celle de Monsieur et Madame tout le monde, non seulement le roi par son inconséquence va perdre l'Aquitaine mais les conséquences politiques vont être désastreuses pour la France.

liénor, la belle et puissante suzeraine de la plus grande région du royaume dédaignant les prétendants innombrables qui sont à ses pieds, va convoler deux mois après cette répudiation avec le Comte d'Anjou Henri Plantagenêt .... A ce stade du récit je me vois dans l'obligation de vous énumérer la liste fastidieuse, certes, des régions perdues pour le royaume de France, mais cela vous permettra de mieux mesurer l'étendue du désastre et l'incommensurable bêtise de celui qui aurait du être surnommé Louis VII le benêt ou le niais. Voilà donc la funeste amputation, la France perd: la Gascogne de Bordeaux aux Pyrénées, le Poitou, la Saintonge, l'Angoumois, le Périgord, le Marche et la majeure partie de l'Auvergne, bravo Louis cette décision dramatique fait du jeune Henri Plantagenêt (pour la petite histoire il était âgé de 19 ans, Alinénor en avait 30) un des plus puissants princes d'occident. La dynastie Capétienne court à nouveau le pus grand danger. En effet, Henri un an après son mariage avec Aliénor fut reconnu roi d'Angleterre sous le nom de Henri II. Un empire immense (englobant les trois-quarts de la France) venait de voir le jour, d'autant que le roi d'Angleterre devait un jour marier son fils Geoffroi à l'héritière du Duché de Bretagne.

es aïeux de Louis VII depuis Hugues Capet ont du se retourner dans leurs tombes, pour la première fois un Capétien avait failli à son rôle de constructeur du royaume et de stabilisateur de la Dynastie. La terrible ambition du nouveau roi d'Angleterre lié au fait qu'il se considérait plus français qu'anglais, engendrera un jour, une lutte sans merci entre les deux monarchies, lutte qui devait durer 116 ans.

ieu devait tout de même veiller sur la France, ne sera-t-elle pas nommée "fille aînée de l'église"? Des provinces, l'Aquitaine en tête, sont constamment en lutte contre l'envahisseur anglais. Chose inconnue lors des précédents règnes les différents vassaux et le peuple de France animés par ce que l'on appellera un jour le sentiment national soutiennent le roi Louis VII. Pour l'opinion publique la monarchie française représente le droit juridique et religieux, les Plantagenêt ne représentent que la force et l'habilité, à une époque ou l'importance de l'église n'est plus à démontrer un  souverain de droit divin est beaucoup plus fédérateur qu'un roi qui tient son pouvoir des armes. Dans la famille même de Henri d'Angleterre l'union est inexistante, ce qui permettra au prince Richard Coeur de Lion héritier du trône de trouver soutien en Aquitaine. Richard hait son père ce qui est paraît-il une habitude de cette famille. Les chroniqueurs rapportent une phrase terrible du prince: "C'est l'usage dans notre lignée que les fils haïssent leur père, du diable nous venons, au diable nous retournons", allusion faite aux origines des Plantagenêt qui descendraient parait-il de Robert le Diable et de Mélusine. Aliénor ne fut pas étrangère à la haine familiale, elle excitait régulièrement ses fils contre leur père, qui se montrait un époux cruel et volage. Ce qui lui valut d'être emprisonnée de nombreuses années par son "gentil" sire avant de mourir à l'âge de 82 ans, décidément cette femme était exceptionnelle, et d'être ensevelie en l'église abbatiale de Fontevrault.

endant les années qui lui restent à vivre Louis VII offrira protection aux ennemis de l'Angleterre. En 1179, un an avant sa mort, Louis fit sacrer son fils Philippe, il fut le dernier Capétien à faire couronner son héritier de son vivant.  La monarchie Capétienne a réussie à limiter et à contenir les Plantagenêt, ce qui rachèterait ce roi si le désordre politique et la sanglante guerre de 116 ans n'étaient en grande partie de sa faute.

on fils Philippe, futur Philippe Auguste va se charger de régler leur compte à ces envahisseurs devenus les ennemis héréditaires de la France.

 

Louis VII et Aliénor prient pour avoir un fils.

 

 

Dominique NEMETH - PASQUET 2005