LOUIS VI Le Gros

(1081 - 1137)

 

 

ouis VI, fils de Philippe 1er et de cette pauvre Berthe de Hollande bien mal remerciée d'avoir donné un héritier mâle à son royal époux (voir le chapitre sur Philippe 1er). Louis VI disais-je naquit  vers 1080, la date précise de sa naissance  nous est inconnue, (chose fréquente pour les souverains jusqu'au XIIIème siècle). Il est simplement probable qu'il était âgé d'à peu près 30 ans lorsqu'il succède à son père qui l'avait associé au pouvoir depuis 7 à 8 ans déjà. D'après les écrits Louis VI était un géant, obèse, (les gravures de l'époque semblent donner raison à cette description), à l'appétit  aussi exceptionnel que son activité.(un chroniqueur a rapporté que son entourage l'avait surnommé "Louis qui ne dort").

éthodique, énergique, pieux, débonnaire et courageux, Louis VI s'est tout de suite senti investi de sa mission royale envers ses sujets. Tout au long de son existence le roi gouvernera avec l'appui de l'église, et notamment celui de son ami et conseiller Suger abbé de Saint-Denis(*)

'appui de l'église a été décisive dans la valeur du sacre et la validité héréditaire des Capétiens, qui, pendant près de deux siècles ont fait sacrer leurs descendants de leur vivant, le prince devenait alors Elu du Seigneur puisque oint par les religieux, comment après cela disputer l'autorité à un homme qui devient Christ (Christ qui au fil des siècles est devenu l'appellation d'un seul homme, désigne en fait celui qui est oint par l'église. Tout prince, tout roi une fois passé par l'église et avoir été oint pouvait se prévaloir du titre de Christ). Par la suite les héritiers royaux ne seront investis du pouvoir suprême qu'à la mort de leur prédécesseur. Le lieu de leur sacre devenant définitivement Reims au XIIème siècle après avoir longtemps été Orléans.

ouis VI passa la plus grande partie de son règne à lutter contre les petits seigneurs qui pillent l'Ile de France, région ou se trouve l'essentiel de son domaine, il finira par instaurer sa puissance sur cette région qu'il valorisera intelligemment avec l'aide de Suger abbé de Saint-denis son principal conseiller, en accordant des privilèges aux villes et en créant des communautés rurales qui attirent les paysans.

armi ses ennemis de l'intérieur il en était deux méritant le nom de brigands, leurs fiefs se situaient entre Etampes et Orléans: le seigneur de Montlhéry (demi-frère du roi) et Hugues du Puiset qui chaque année donnaient à Louis VI l'opportunité d'apparaître comme le protecteur des paysans à l'occasion d'une guerre faite d'embuscades et de coups de main. Le seigneur de Montlhéry fut capturé le premier et une fois ses biens confisqués fut contraint de revêtir l'habit de moine. Le deuxième tyran local, Hugues du Puiset, fut plus coriace mais finit tout de même par tomber aux mains du roi qui fit raser son château. Hugues fut obligé d'accomplir un pèlerinage en terre sainte, à la grande satisfaction des amis religieux du souverain, mais le Seigneur ne l'ayant à priori pas du tout en sa sainte garde il mourut lors de son voyage initiatique.

alvanisé par sa frénésie de faire le ménage, Louis VI s'attaqua ensuite à la famille de Coucy possesseurs d'un fief entre Laon et Amiens. Après avoir tué le père Enguerrand de Coucy, prisonnier dans son château assiégé, le roi bannit et fit excommunier son fils par l'église. Celui-ci fut finalement tué au combat en 1130.

oilà cela ne faisait aucun doute on n'y voyait plus clair au royaume de France, partout le roi chevauchera à la tête de ses troupes, partout il apparaîtra aux yeux de ses sujets comme un justicier, la monarchie ressortira grandie et bénéficiaire de ces campagnes soutenue par le clergé, accompagnée dans tout le royaume par le peuple prenant les armes et marchant derrière ce roi courageux.

alheureusement, l'unité et la paix étaient menacées, beaucoup de grands feudataires (vassaux propriétaires d'un fief) continuaient de se considérer comme seuls maîtres après Dieu sur leurs terres: les ducs de Normandie, de Bretagne, de Bourgogne, les comtes d'Anjou, de Champagne, de Toulouse. De tous ces grands seigneurs rétifs à l'autorité royale. Les duc de Normandie et Comte de Champagne tinrent en échec le pouvoir royal. Pourtant en 1122 c'est en Auvergne que Louis mena ses troupes pour secourir l'évêque de Clermont, dépouillé de son église Notre-Dame du Port, par le Comte d'Auvergne Guillaume VI, qui capitula devant les troupes royales pour recommencer ses exactions contre l'église quatre ans plus tard. Cette fois c'est le Duc d'Aquitaine Guillaume IX qui du céder devant le pouvoir. En effet, le Comte d'Auvergne suivant la vieille coutume féodale s'était mis sous la protection du duc qui était son seigneur direct.

outes ces campagnes bien sûr étaient menées sous la sainte égide du clergé et avec les précieux conseils de Suger, toujours ami et conseiller du roi.

l entre en conflit avec le roi d'Angleterre et Duc de Normandie Henri 1er Beauclerc, le Duché de Normandie était en permanence un sujet de brouille entre les deux souverains. A priori, Henri d'Angleterre, dont le sens de la famille laissait à désirer, avait dépossédé son frère Robert Courteheuse dudit Duché, il est vrai que celui-ci était nourri logé, blanchi aux frais de la couronne, le roi son frère l'ayant retenu prisonnier pendant une trentaine d'années.

ouis VI soutint en vain le fils de Robert, Guillaume Cliton. Après la défaite du roi de France à Brémule près des Andelys, l'arbitrage du pape Calixte II donna raison définitivement à Henri d'Angleterre

outefois, le règne de Louis VI avait solidement implanté la dynastie Capétienne. C'est sans doute pour cette raison qu'un succès diplomatique vint récompenser la politique du roi. le puissant Duc d'Aquitaine Guillaume X choisit le futur Louis VII, fils de Louis VI, pour épouser sa fille et unique héritière la belle Aliénor. Ce qui signifiait, hors mis l'implicite hommage rendu, le royaume d'Aquitaine en cadeau de noces.

ouis VI, aurait pu être surnommé le bâtisseur, le réunificateur, non c'est à une caractéristique physique qu'il devra son surnom de "le gros", je ne trouve pas cela très juste mais l'Histoire à ses raisons ....Il  rend son âme à Dieu à Paris en 1137. Laissant le pouvoir à son fils Louis VII dit le Jeune, qui lui mérite son surnom puisqu'il est âgé de 17 ans mais cela ne saurait durer....

(*) ous l'impulsion de l'abbé de Saint-denis, que je préfère nommé Suger pour plus de facilité, toute sa magnificence est rendue à la Basilique Saint-denis, la légende veut qu'au XIème siècle une épine de la couronne du Christ ainsi qu'un clou de la croix ait été trouvés dans la crypte. C'est sous le règne de Louis VI que s'instaure l'habitude des souverains français de prier Saint Denis avant chaque départ pour la guerre, c'est l'occasion de brandir la bannière du Vexin et de faire prendre l'air aux saintes reliques. Depuis également la basilique Saint-denis est devenue la nécropole royale, Mais c'est seulement sous le règne de Saint-Louis que cette coutume s'imposera à chaque monarque.

 

Dominique NEMETH - PASQUET 2005