ouis VI, fils de Philippe 1er et de cette
pauvre Berthe de Hollande bien mal remerciée d'avoir donné un
héritier mâle à son royal époux (voir le chapitre sur Philippe
1er). Louis VI disais-je naquit vers 1080, la date
précise de sa naissance nous est inconnue, (chose
fréquente pour les souverains jusqu'au XIIIème siècle).
Il est simplement probable qu'il était âgé d'à peu près 30 ans
lorsqu'il succède à son père qui l'avait associé au pouvoir
depuis 7 à 8 ans déjà. D'après les écrits Louis VI était
un géant, obèse, (les gravures de l'époque semblent donner
raison à cette description), à l'appétit
aussi exceptionnel que son activité.(un chroniqueur a rapporté
que son entourage l'avait surnommé "Louis qui ne dort").
éthodique, énergique, pieux, débonnaire et
courageux, Louis VI s'est tout de suite senti investi de sa
mission royale envers ses sujets. Tout au long de son
existence le roi gouvernera avec l'appui de l'église, et
notamment celui de son ami et conseiller Suger abbé de
Saint-Denis(*)
'appui de l'église a été décisive dans la
valeur du sacre et la validité héréditaire des Capétiens, qui,
pendant près de deux siècles ont fait sacrer leurs descendants
de leur vivant, le prince devenait alors Elu du Seigneur
puisque oint par les religieux, comment après cela disputer
l'autorité à un homme qui devient Christ (Christ qui au fil
des siècles est devenu l'appellation d'un seul homme, désigne
en fait celui qui est oint par l'église. Tout prince, tout roi
une fois passé par l'église et avoir été oint pouvait se
prévaloir du titre de Christ). Par la suite les héritiers
royaux ne seront investis du pouvoir suprême qu'à la mort de
leur prédécesseur. Le lieu de leur sacre devenant
définitivement Reims au XIIème siècle après avoir longtemps
été Orléans.
ouis VI passa la plus grande partie de son
règne à lutter contre les petits
seigneurs qui pillent l'Ile de France, région ou se trouve
l'essentiel de son domaine, il finira par instaurer sa
puissance sur cette région qu'il valorisera intelligemment
avec l'aide de Suger abbé de Saint-denis son principal
conseiller, en accordant des privilèges aux villes et en créant
des communautés rurales qui attirent les paysans.
armi ses
ennemis de l'intérieur il en était deux méritant le nom de
brigands, leurs fiefs se situaient entre Etampes et Orléans:
le seigneur de Montlhéry (demi-frère du roi) et Hugues du Puiset qui chaque année donnaient à Louis VI l'opportunité
d'apparaître comme le protecteur des paysans à l'occasion
d'une guerre faite d'embuscades et de coups de main. Le
seigneur de Montlhéry fut capturé le premier et une fois ses
biens confisqués fut contraint de revêtir l'habit de moine. Le
deuxième tyran local, Hugues du Puiset, fut plus coriace mais
finit tout de même par tomber aux mains du roi qui fit raser
son château. Hugues fut obligé d'accomplir un pèlerinage en
terre sainte, à la grande satisfaction des amis religieux du
souverain, mais le Seigneur ne l'ayant à priori pas du tout en
sa sainte garde il mourut lors de son voyage initiatique.
alvanisé par sa frénésie de faire le
ménage, Louis VI s'attaqua ensuite à la famille de Coucy
possesseurs d'un fief entre Laon et Amiens. Après avoir tué le
père Enguerrand de Coucy, prisonnier dans son château assiégé,
le roi bannit et fit excommunier son fils par l'église.
Celui-ci fut finalement tué au combat en 1130.
oilà cela ne faisait aucun doute on n'y
voyait plus clair au royaume de France, partout le roi
chevauchera à la tête de ses troupes, partout il apparaîtra
aux yeux de ses sujets comme un justicier, la monarchie
ressortira grandie et bénéficiaire de ces campagnes soutenue
par le clergé, accompagnée dans tout le royaume par le peuple
prenant les armes et marchant derrière ce roi courageux.
alheureusement, l'unité et la paix étaient
menacées, beaucoup de grands feudataires (vassaux
propriétaires d'un fief) continuaient de se considérer comme
seuls maîtres après Dieu sur leurs terres: les ducs de
Normandie, de Bretagne, de Bourgogne, les comtes d'Anjou, de
Champagne, de Toulouse. De tous ces grands seigneurs rétifs à
l'autorité royale. Les duc de Normandie et Comte de Champagne
tinrent en échec le pouvoir royal. Pourtant en 1122 c'est en
Auvergne que Louis mena ses troupes pour secourir l'évêque de
Clermont, dépouillé de son église Notre-Dame du Port, par le
Comte d'Auvergne Guillaume VI, qui capitula devant
les troupes royales pour recommencer ses exactions contre
l'église quatre ans plus tard. Cette fois c'est le Duc
d'Aquitaine Guillaume IX qui du céder devant le pouvoir. En
effet, le Comte d'Auvergne suivant la vieille coutume féodale
s'était mis sous la protection du duc qui était son seigneur
direct.
outes ces campagnes bien sûr étaient
menées sous la sainte égide du clergé et avec les
précieux conseils de Suger, toujours ami et conseiller du roi.
l entre en conflit avec le roi
d'Angleterre et Duc de Normandie Henri 1er Beauclerc, le Duché
de Normandie était en permanence un sujet de brouille entre les
deux souverains. A priori, Henri d'Angleterre, dont le sens de
la famille laissait à désirer, avait dépossédé son frère
Robert Courteheuse dudit Duché, il est vrai que celui-ci était
nourri logé, blanchi aux frais de la couronne, le roi son
frère l'ayant retenu prisonnier pendant une trentaine
d'années.
ouis VI soutint en vain le fils de Robert,
Guillaume Cliton. Après la défaite du roi de France à Brémule
près des Andelys, l'arbitrage du pape Calixte II donna raison
définitivement à Henri d'Angleterre
outefois, le règne de Louis VI avait
solidement implanté la dynastie Capétienne. C'est sans doute
pour cette raison qu'un succès diplomatique vint récompenser
la politique du roi. le puissant Duc d'Aquitaine
Guillaume X choisit le futur Louis VII, fils de Louis VI,
pour épouser sa fille et unique héritière la belle Aliénor. Ce qui signifiait,
hors mis l'implicite hommage rendu, le royaume d'Aquitaine en
cadeau de noces.
ouis VI, aurait pu être surnommé le
bâtisseur, le réunificateur, non c'est à une caractéristique
physique qu'il devra son surnom de "le gros", je ne trouve pas
cela très juste mais l'Histoire à ses raisons ....Il
rend son âme à Dieu à Paris en 1137. Laissant le pouvoir à
son fils Louis VII dit le Jeune, qui lui mérite
son surnom puisqu'il est âgé de 17 ans mais cela ne saurait
durer....
(*)
ous l'impulsion de l'abbé de
Saint-denis, que je préfère nommé Suger pour plus de facilité,
toute sa magnificence est rendue à la Basilique Saint-denis,
la légende veut qu'au XIème siècle une épine de la couronne du
Christ ainsi qu'un clou de la croix ait été trouvés dans la
crypte. C'est sous le règne de Louis VI que s'instaure
l'habitude des souverains français de prier Saint Denis avant
chaque départ pour la guerre, c'est l'occasion de brandir la
bannière du Vexin et de faire prendre l'air aux saintes
reliques. Depuis également la basilique Saint-denis est
devenue la nécropole royale, Mais c'est seulement sous le
règne de Saint-Louis que cette coutume s'imposera à chaque
monarque.