ous sommes au lendemain du 29 novembre
1314, Philippe le Bel est mort, le prince qui hérite du
pouvoir est de bien sombre figure, son physique ne l'avantage
pas, falot, maigre, le regard fuyant, rien ne rappelle le roi
son père. Le moral ne vaut guère mieux. Son surnom de Hutin veut
dire le querelleur, le disputeur. De plus, ce qui n'arrange
rien l'adultère de Marguerite son épouse fait rire de lui, et
oui ce n'est pas un secret, en France les cocus ont
toujours fait rire. Ce mot de quatre lettres souvent répété
sur son passage par le peuple qui ricane ne sentant plus l'autorité de
Philippe IV, le met dans un état de nerfs proche de la folie.
C'est la première fois qu'un roi capétien monte sur le trône
sans compagne à ses côtés, la reine est toujours retenue
captive à Château-Gaillard. Louis X plein de rancune à son
égard n'est pas décidé à la rappelée à la cour, pourtant il
faut une épouse à ce roi et au plus vite un héritier. En
effet, la fille qu'il a eu de Marguerite, la petite Jeanne de
Navarre est considérée bâtarde par son père et par ceux que
cela arrange . Pas de chance le pape qui devait tout au roi
est mort depuis six mois, le nouveau pape n'est pas élu et
l'église ne reconnaît pas l'adultère comme une cause
d'annulation.
Château-Gaillard, les princesses mènent
une vie terrible dans le plus complet dénuement, les ordres
excessivement sévères voir inhumains donnés par Philippe le
Bel à leur égard sont toujours scrupuleusement respectés par
Enguerrand de Marigny. Par contre, les geôliers les plus zélés
sont mal à l'aise, depuis peu il garde la Reine de France,
la petite Histoire à fait dire à Marguerite au responsable des
geôliers, cette phrase lourde menace mais vraie il me
semble:"Je suis ici par la haine du roi Philippe, il n'y a
rien de pire que la haine d'un roi, si ce n'est la haine d'une
reine." voilà après çà messieurs les gardiens dormez en paix.
Les ordres royaux sont donc attendus comme le messie dit-on.
ais oh miracle au
printemps de l'année 1315, Marguerite de Bourgogne Reine de France et de Navarre,
meurt opportunément, d'après certains n'ayant pu supporter le
régime enduré et la prison glacée, pour d'autres il ne fait
pas de doute que la main du destin a été guidée, par celles
larges et puissantes d'un tueur à gages à la solde de son cher
mari.... Comme c'est vilain d'avoir de si viles pensées....
C'était peut-être un peu des deux (?). La frivole et brillante
Marguerite n'était plus qu'une femme brisée, tant par sa
captivité que par l'opprobre que son inconduite avait jetée
sur la réputation depuis toujours immaculée des princesses
capétiennes. Chacun est libre de choisir sa vérité historique,
pour ma part si j'ai été passionnée par le chef d'oeuvre du
grand académicien Maurice Druon appelé "la Reine étranglée",
les preuves sont depuis longtemps détruites et il ne
m'appartient pas de juger des faits que la poussière du temps
a recouvert.
a voie est libre, Louis X peut se mettre
en quête d'une nouvelle reine, son choix sur portera sur
Clémence de Hongrie, petite-fille de la reine de Naples, mais
surtout nièce de Charles de Valois son oncle (le hasard fait
bien les choses). La princesse a une réputation de douceur et
de piété religieuse, elle devient Reine de France en épousant
Louis le Hutin au mois d'août 1315.
e roi exulte, près de cette reine si
tendre et si douce il se sent homme et conquérant,
l'humiliation sera lavée. Effectivement bientôt la reine est
enceinte (la reine est grosse disait-on joliment à l'époque).
Mais le pauvre Louis faisant mentir la proverbiale réputation
de chance des maris trompés, meurt subitement en avril 1316,
sans savoir si la reine attend ce prince indispensable. Pour
la première fois un roi capétien meurt sans héritier mâle.
vant de mourir Louis sous l'influence
néfaste de son oncle Charles de Valois, avait rendu aux barons
le droit aux duels judiciaires et à la guerre privée éradiqué
par la Monarchie. Louis X est complètement sous la coupe du
frère de Philippe le Bel, prince intrigant, qui frustré de
pouvoir désire tout régenter. Un homme leur fait face
courageusement, le très précieux et fidèle Enguerrand de
Marigny, Grand Chambellan, gardien du Louvre et du Trésor.
l est la cible préférée de
l'ambitieux Charles de Valois, qui depuis
la mort de Philippe le Bel lâche la bride à son amour de l'argent mais surtout du
pouvoir. Une violente altercation opposant Charles à
Enguerrand de Marigny au Conseil du roi va précipiter la perte
du financier. La combine ayant brillamment fonctionnée dans le
passé Valois fait accuser Enguerrand de sorcellerie, sur les
dires d'un couple de sorciers témoignant bien opportunément
contre le conseiller, convaincu d'avoir façonné des
personnages de cire à l'effigie du nouveau roi, son oncle et
différents membres de la cour. L'affaire sent le fagot.
e procès de Marigny bien dirigé et
orchestré par
Monsieur et son neveu pusillanime Louis X, aboutira à la
pendaison de ce soutien indéfectible du grand roi, persuadé
que l'amitié dont l'honorait Philippe le Bel alliée à une
immense fortune amassée pour bons et loyaux services le
protègeraient. Le gibet de Montfaucon qu'il avait fait édifier
mettra fin à sa carrière, le 30 avril 1315, en somme il mourût chez lui.