LOUIS X le Hutin

(1289 - 1316)

 

 

ous sommes au lendemain du 29 novembre 1314, Philippe le Bel est mort, le prince qui hérite du pouvoir est de bien sombre figure, son physique ne l'avantage pas, falot, maigre, le regard fuyant, rien ne rappelle le roi son père. Le moral ne vaut guère mieux. Son surnom de Hutin veut dire le querelleur, le disputeur. De plus, ce qui n'arrange rien l'adultère de Marguerite son épouse fait rire de lui, et oui ce n'est pas un secret, en France les cocus  ont toujours fait rire. Ce mot de quatre lettres souvent répété sur son passage par le peuple qui ricane ne sentant  plus l'autorité de Philippe IV, le met dans un état de nerfs proche de la folie. C'est la première fois qu'un roi capétien monte sur le trône sans compagne à ses côtés, la reine est toujours retenue captive à Château-Gaillard. Louis X plein de rancune à son égard n'est pas décidé à la rappelée à la cour, pourtant il faut une épouse à ce roi et au plus vite un héritier. En effet, la fille qu'il a eu de Marguerite, la petite Jeanne de Navarre est considérée bâtarde par son père et par ceux que cela arrange . Pas de chance le pape qui devait tout au roi est mort depuis six mois, le nouveau pape n'est pas élu et l'église ne reconnaît pas l'adultère comme une cause d'annulation.

Château-Gaillard, les princesses mènent une vie terrible dans le plus complet dénuement, les ordres excessivement sévères voir inhumains donnés par Philippe le Bel à leur égard sont toujours scrupuleusement respectés par Enguerrand de Marigny. Par contre, les geôliers les plus zélés sont mal à l'aise, depuis peu il garde la Reine de France, la petite Histoire à fait dire à Marguerite au responsable des geôliers,  cette phrase lourde menace mais vraie il me semble:"Je suis ici par la haine du roi Philippe, il n'y a rien de pire que la haine d'un roi, si ce n'est la haine d'une reine." voilà après çà messieurs les gardiens dormez en paix. Les ordres royaux sont donc attendus comme le messie dit-on.

ais oh miracle au printemps de l'année 1315, Marguerite de Bourgogne Reine de France et de Navarre, meurt opportunément, d'après certains n'ayant pu supporter le régime enduré et la prison glacée, pour d'autres il ne fait pas de doute que la main du destin a été guidée, par celles larges et puissantes d'un tueur à gages à la solde de son cher mari.... Comme c'est vilain d'avoir de si viles pensées.... C'était peut-être un peu des deux (?). La frivole et brillante Marguerite n'était plus qu'une femme brisée, tant par sa captivité que par l'opprobre que son inconduite avait jetée sur la réputation depuis toujours immaculée des princesses capétiennes. Chacun est libre de choisir sa vérité historique, pour ma part si j'ai été passionnée par le chef d'oeuvre du grand académicien Maurice Druon appelé "la Reine étranglée", les preuves sont depuis longtemps détruites et il ne m'appartient pas de juger des faits que la poussière du temps a recouvert.

a voie est libre, Louis X peut se mettre en quête d'une nouvelle reine, son choix sur portera sur Clémence de Hongrie, petite-fille de la reine de Naples, mais surtout nièce de Charles de Valois son oncle (le hasard fait bien les choses). La princesse a une réputation de douceur et de piété religieuse, elle devient Reine de France en épousant Louis le Hutin au mois d'août 1315.

e roi exulte, près de cette reine si tendre et si douce il se sent homme et conquérant, l'humiliation sera lavée. Effectivement bientôt la reine est enceinte (la reine est grosse disait-on joliment à l'époque). Mais le pauvre Louis faisant mentir la proverbiale réputation de chance des maris trompés, meurt subitement en avril 1316, sans savoir si la reine attend ce prince indispensable. Pour la première fois un roi capétien meurt sans héritier mâle.

vant de mourir Louis sous l'influence néfaste de son oncle Charles de Valois, avait rendu aux barons le droit aux duels judiciaires et à la guerre privée éradiqué par la Monarchie. Louis X est complètement sous la coupe du frère de Philippe le Bel, prince intrigant, qui frustré de pouvoir désire tout régenter. Un homme leur fait face courageusement, le très précieux et fidèle Enguerrand de Marigny, Grand Chambellan, gardien du Louvre et du Trésor.

l est la cible préférée de l'ambitieux Charles de Valois, qui depuis la mort de Philippe le Bel lâche la bride à son amour de l'argent mais surtout du pouvoir. Une violente altercation opposant Charles à Enguerrand de Marigny au Conseil du roi va précipiter la perte du financier. La combine ayant brillamment fonctionnée dans le passé Valois fait accuser Enguerrand de sorcellerie, sur les dires d'un couple de sorciers témoignant bien opportunément contre le conseiller, convaincu d'avoir façonné des personnages de cire à l'effigie du nouveau roi, son oncle et différents membres de la cour. L'affaire sent le fagot.

e procès de Marigny bien dirigé et orchestré par Monsieur et son neveu pusillanime Louis X, aboutira à la pendaison de ce soutien indéfectible du grand roi, persuadé que l'amitié dont l'honorait Philippe le Bel alliée à une immense fortune amassée pour bons et loyaux services le protègeraient. Le gibet de Montfaucon qu'il avait fait édifier mettra fin à sa carrière, le 30 avril 1315, en somme il mourût chez lui.

 

 

 

Dominique NEMETH - PASQUET 2005