CHARLES IV le Bel

(1295 - 1328)

 

amais deux sans trois, c'est donc le troisième fils de Philippe le Bel qui monte sur le trône de France. Il a paraît-il la beauté de son père, malheureusement la ressemblance s'arrête au physique. Charles n'a ni la prestance ni l'autorité du feu roi. Comme son frère Louis le Hutin il est marqué par l'adultère de son épouse Blanche de Bourgogne, qui croupit toujours à Château-Gaillard. Certains racontent que si sa tendre moitié ne s'était retrouvée enceinte des oeuvres de son geôlier (violée d'après sa mère Mahaut d'Artois), le roi l'aurait rappelée auprès de lui pour devenir Reine de France. Enfin en 1326, Blanche s'éteint à l'abbaye de Maubuisson ayant à la fin de sa vie mené une existence édifiante de piété. Charles IV pouvait prendre femme, ce qu'il fit avec empressement en convolant avec Marie de Luxembourg.

harles au début de son règne va continuer la politique de son frère Philippe. Puis petit à petit il retire les charges accordées à titre gracieux et les fait vendre pour faire face aux besoins d'une administration qui prend de plus en plus d'ampleur et entretenir le prestige royal. Sa politique de taxation et d'économies le rend vite impopulaire. En 1324 Charles IV met sous séquestre la Guyenne anglaise, avec l'aide de son oncle Valois qui en conquiert une partie. La paix sera signée en 1327 avec l'Angleterre, qui concède d'importants territoires en Aquitaine.

n chroniqueur a laconiquement indiqué en parlant de Charles IV: "Ce roi régna grand temps sans rien faire". Ce qui n'est pas faux, le roi ne sait comment gérer les différentes révoltes qui secouent le royaume, notamment celle de Flandre. Les paysans flamands sont entraînés par le plus aisé d'entre eux Nicolas Zannekin, ils engagent une guerre sanglante contre les troupes royales, les châteaux et monastères. Ce nationalisme flamand qui n'est pas sans rappeler les évènements qui secouent toujours régulièrement la Belgique actuelle, pousse les nobles à se lancer dans la violence. Le Comte de Flandre que les évènements dépassent en appelle au roi de France qui tergiverse et attend selon son habitude, cette fois-ci il aura une raison de ne pas agir, la mort le prend en pleine réflexion le 1er février 1328.

e règne de ce souverain n'a pas laissé un souvenir impérissable, par contre sa mort provoque une crise dynastique. Charles IV a été marié trois fois, je ne reviendrai  pas sur les exploits adultérins de Blanche de Bourgogne, Princesse déchue et emprisonnée à vie. La deuxième union avec Marie de Luxembourg ne sera pas plus heureuse, la malheureuse reine mourra en couches après avoir donné la vie à un petit prince qui ne survécu pas à sa mère. La troisième Jeanne d'Evreux donnera deux filles à son royal époux. Nous y revoilà, la fameuse loi salique, qui se retourne contre les premiers Capétiens, le choix dynastique restant est un choix co-latéral. D'un côté la France avec Philippe de Valois, cousin de Charles IV, de l'autre l'Angleterre avec Isabelle, soeur du roi et son fils Edouard.

e trône de France étant interdit aux femmes, Isabelle est éliminée d'office, quant à son fils il ne peut bénéficier du droit de transmission également refusé aux femmes. C'est donc Philippe de Valois, fils du bouillant Charles frère de Philippe le Bel, qui monte sur le Trône. Il descend des Capétiens par les mâles, c'est la branche cadette.

ES CAPETIENS DIRECTS SONT MORTS, QUE VIVENT LES VALOIS

 

ertains ne pourront s'empêcher d'évoquer la malédiction de Jacques de Molay. Le règne de ces rois maudits s'achève par celui des trois frères, ce qui n'est pas bon signe. Le seul descendant mâle de la dynastie est empêché de régner puisque engendrer par la fille du roi Philippe le Bel. Les trois fils soit par haine comme Louis, par ambition comme Philippe ou par facilité et amour de l'argent comme Charles, ont forgé l'arme fatale qui coupe l'herbe sous les pieds de la branche aînée. Il n'est pas utile de chercher le surnaturel dans ce gâchis, même les morts prématurées des adultes ou des enfants ne sont pas exceptionnelles à une époque où l'hygiène de vie et la médecine ne sont que balbutiements. Voyons plutôt dans la fin des Capétiens directs une chose qui porte un nom terrible et qui est de tous les temps: LA BETISE.

Portrait de Charles IV

 

Dominique NEMETH - PASQUET 2005