amais deux sans trois, c'est donc le
troisième fils de Philippe le Bel qui monte sur le trône de
France. Il a paraît-il la beauté de son père, malheureusement
la ressemblance s'arrête au physique. Charles n'a ni la
prestance ni l'autorité du feu roi. Comme son frère Louis le
Hutin il est marqué par l'adultère de son épouse Blanche de
Bourgogne, qui croupit toujours à Château-Gaillard. Certains
racontent que si sa tendre moitié ne s'était retrouvée
enceinte des oeuvres de son geôlier (violée d'après sa mère
Mahaut d'Artois), le roi
l'aurait rappelée auprès de lui pour devenir Reine de France.
Enfin en 1326, Blanche s'éteint à l'abbaye de Maubuisson ayant
à la fin de sa vie mené une existence édifiante de piété.
Charles IV pouvait prendre femme, ce qu'il fit avec
empressement en convolant avec Marie de Luxembourg.
harles au début de son règne va continuer
la politique de son frère Philippe. Puis petit à petit il
retire les charges accordées à titre gracieux et les fait
vendre pour faire face aux besoins d'une administration qui
prend de plus en plus d'ampleur et entretenir le prestige
royal. Sa politique de taxation et d'économies le rend vite
impopulaire. En 1324 Charles IV met sous séquestre la Guyenne
anglaise, avec l'aide de son oncle Valois qui en conquiert une
partie. La paix sera signée en 1327 avec l'Angleterre, qui
concède d'importants territoires en Aquitaine.
n chroniqueur a laconiquement indiqué en
parlant de Charles IV: "Ce roi régna grand temps sans rien
faire". Ce qui n'est pas faux, le roi ne sait comment gérer
les différentes révoltes qui secouent le royaume, notamment
celle de Flandre. Les paysans flamands sont entraînés par le
plus aisé d'entre eux Nicolas Zannekin, ils engagent une
guerre sanglante contre les troupes royales, les châteaux et
monastères. Ce nationalisme flamand qui n'est pas sans
rappeler les évènements qui secouent toujours régulièrement la
Belgique actuelle, pousse les nobles à se lancer dans la
violence. Le Comte de Flandre que les évènements dépassent en
appelle au roi de France qui tergiverse et attend selon son
habitude, cette fois-ci il aura une raison de ne pas agir, la
mort le prend en pleine réflexion le 1er février 1328.
e règne de ce souverain n'a pas laissé un
souvenir impérissable, par contre sa mort provoque une crise
dynastique. Charles IV a été marié trois fois, je ne
reviendrai pas sur les exploits adultérins de Blanche de
Bourgogne, Princesse déchue et emprisonnée à vie. La deuxième
union avec Marie de Luxembourg ne sera pas plus heureuse, la
malheureuse reine mourra en couches après avoir donné la vie à
un petit prince qui ne survécu pas à sa mère. La troisième
Jeanne d'Evreux donnera deux filles à son royal époux. Nous y
revoilà, la fameuse loi salique, qui se retourne contre les
premiers Capétiens, le choix dynastique restant est un choix
co-latéral. D'un côté la France avec Philippe de Valois, cousin
de Charles IV, de l'autre l'Angleterre avec Isabelle, soeur du
roi et son fils Edouard.
e trône de France étant interdit aux
femmes, Isabelle est éliminée d'office, quant à son fils il ne
peut bénéficier du droit de transmission également refusé aux femmes. C'est donc Philippe de Valois, fils du bouillant
Charles frère de Philippe le Bel, qui monte sur le Trône. Il
descend des Capétiens par les mâles, c'est la branche cadette.
ES CAPETIENS
DIRECTS SONT MORTS, QUE VIVENT LES VALOIS
ertains ne pourront s'empêcher d'évoquer
la malédiction de Jacques de Molay. Le règne de ces rois
maudits s'achève par celui des trois frères, ce qui n'est pas bon
signe. Le seul descendant mâle de la dynastie est empêché de
régner puisque engendrer par la fille du roi Philippe le Bel.
Les trois fils soit par haine comme Louis, par ambition comme
Philippe ou par facilité et amour de l'argent comme Charles,
ont forgé l'arme fatale qui coupe l'herbe sous les pieds de la
branche aînée. Il n'est pas utile de chercher le surnaturel
dans ce gâchis, même les morts prématurées des adultes ou des
enfants ne sont pas exceptionnelles à une époque où l'hygiène
de vie et la médecine ne sont que balbutiements. Voyons plutôt
dans la fin des Capétiens directs une chose qui porte un nom
terrible et qui est de tous les temps: LA BETISE.
