arie de Champagne fille de Louis VII et d'Aliénor
d'Aquitaine vit le jour sept ans après le mariage politique de
ses parents. Elle est physiquement délicieuse et grandit au
sein d'une cour rendue plus raffinée par sa mère, l'exubérance
et la sensualité méridionales alliées à une grande culture et
un amour inné de la poésie en font l'une des princesses les
plus accomplie de notre Histoire.
arie n'a que six ans lorsque le pape
dissout le tumultueux mariage de ses parents, à quinze ans
lorsqu'elle épouse le Comte Henri 1er de Champagne elle est
selon les chroniqueurs "cette joyeuse et gaie Comtesse
illuminant la Champagne".
es poètes que son mécénat rendent lyriques
ne tarissent pas d'éloges sur elle. Vive d'esprit, curieuse,
enjouée, elle est une des rares femmes à maîtriser le latin.
rande littéraire elle réactualise les
romans bretons chantant les chevaliers de la table ronde. Sous
son inspiration Chrétien de Troyes créera la liaison
impossible et tragique de Lancelot et Guenièvre.
Marie conçoit difficilement l'amour dans le mariage,
l'adultère semble pour elle le seul berceau possible de ce
puissant sentiment.
enri de Champagne part pour la croisade,
il n'en reviendra pas. Marie va dès lors se montrer aussi fine
politique que brillant mécène. De 1170 à sa mort en 1198, tous
les trouvères (poètes du nord de la loire) sont inspirés par
sa régence éclairée et spirituelle.
'est sous le "règne" de Marie que naissent
vraiment les fameuses "cours d'amour", prônant l'amour courtois certes,
mais également sa concrétisation dans les chambres des dames.
La jalousie, le badinage et les caresses des mains ainsi que
celles des yeux pour finir par l'acte d'amour lui-même
toujours consenti par la belle, semblent pour ces
esthètes de la galanterie la garantie d'une attirance et d'un
plaisir éternels.
e ne sais si cette princesse a trouvé le
nirvana de son vivant, aujourd'hui l'usure du temps a fait son
oeuvre, mais je gage qu'en 1198 lorsque la mort l'a prise à 54
ans, les plus grands trouvères ont rendu un dernier
respectueux hommage à celle qui entrait dans l'éternité.