Agnès SOREL 

(Vers 1422 - 1450)

 

 

son arrivée à la cour de Charles VII en 1441, Agnès SOREL à dix-neuf ans. C'est la grâce faite femme, la finesse de ses traits allié à un port de reine ne peuvent qu'éveiller la convoitise et les sens endormis d'un roi triste. Bien que de petite noblesse elle est au premier rang parmi les courtisans sur le passage du souverain. Brézé le favori de Charles a vu l'oeil de son maître s'allumer, il va lui présenter cette jeune beauté sans doute pour égayer le roi, mais peut-être espère-t-il également renforcer son pouvoir à travers une maîtresse qui serait sa créature....

i de nombreuses femmes ont partagé les couches de nos rois, elles ne faisaient que passer, Agnès va très vite prendre rang de Favorite, seule et unique maîtresse plus puissante que la Reine et certainement plus aimée. Son influence sur Charles VII sera bénéfique pour le royaume, cette femme de tempérament, sincèrement patriote jouera un rôle politique notamment dans les dernières années de la guerre contre l'Angleterre, elle poussera Charles VII à reconquérir la Guyenne et la Normandie.

elle et intelligente, sa nature féconde donnera trois filles au roi. Chaque relevailles de maternité la trouvera plus épanouie et plus séduisante encore. Toutes les femmes cherchent à l'imiter, ses toilettes et ses bijoux sont aussi célèbres que celle qui les porte divinement. Agnès va même lancer une mode, si ses robes sont excessivement longues agrémentées de traînes interminables, le tissus pour le haut du buste semble manqué, la favorite à inventer le décolleté vertigineux que beaucoup devrait s'abstenir de porter n'ayant ni les jolies épaules rondes, ni les seins haut placés de la Dame de Beauté, surnom qui la dépeint toute entière, mais qui lui vient également de la seigneurie de Beauté sur Marne dont lui a fait présent son royal amant.

lle ravit tous ceux qui l'approchent, tous, sauf un, un jeune homme et non des moindre, le Dauphin Louis, futur Louis XI. Le prince ne supporte plus le pouvoir que la favorite à pris sur le roi son père, celle que l'on appelle la reine des coeurs a relégué la reine à la seconde place. Une anecdote veut que Louis à bout de patience aurait poursuivit la Dame l'épée à la main avec l'intention non dissimulée de l'occire, il paraîtrait que la pauvre n'ait  dû son salut qu'en sautant dans le lit du roi, exercice dont elle avait grande habitude. Charles VII fâché de l'inconduite de son fils l'envoya gouverner le Dauphiné.

n 1450, Agnès à nouveau enceinte, elle en est au sixième mois de sa quatrième grossesse, quitte sa résidence tant aimée de Loches pour rejoindre le roi à Jumièges près de Rouen. C'est l'hiver, Agnès tombe gravement malade (une dysenterie ?) et meurt rapidement le 11 février. La mort de cette jeune femme de 28 ans en pleine santé, au sommet de sa beauté, est si soudaine que la rumeur parle d'empoisonnement, l'assassin est tout désigné, le Dauphin Louis. Cette accusation n'a jamais été prouvée, mais on ne prête qu'aux riches. Pour ma part, ayant toujours détesté le proverbe qui prétend qu'il n'y a pas de fumée sans feu, je fais confiance au jugement de l'Histoire et crois en l'innocence du prince.

e roi Charles anéantit de douleur fait réaliser deux tombeaux de marbre, le premier à Jumièges recevra le coeur de sa belle, le second à Loches abritera son corps magnifique. Agnès demeurera irremplaçable dans le coeur du souverain, qui à l'avenir se distraira avec des jeunes filles délurées, essayant d'imiter sans jamais l'égaler la défunte qui fut la première favorite royale.

 

 

Dominique NEMETH-PASQUET 2006