ermettez
moi de vous prendre la main et de vous entraîner à
travers ce Paris éternel, faisons ensemble
connaissance avec son histoire, en visitant des
lieux légendaires et oubliés, qui ont fait la
trame de ce qui est encore aujourd'hui la plus
belle Capitale du monde ....
lissons
nous tranquillement derrière ce cinéma mythique le
"Grand Rex", dans les dédales des rues subsiste
une petite artère appelée rue de la lune, n'est-ce
pas charmant ? Au cours des années soixante une
école d'électronique fut érigée sur un emplacement
longtemps maudit, celui de la maison d'une
sorcière, célèbre empoisonneuse et grande
avorteuse, j'ai nommé Catherine Deshayes épouse Monvoisin plus
connue sous le surnom de La Voisin, qui eut sa
sinistre heure de gloire au temps de la fameuse
affaire des poisons, drame qui obscurcit
considérablement le ciel du Roi Soleil. La Voisin
mi-femme, mi-démon, se livra durant sa
carrière criminelle à des centaines
d'empoisonnements , avortements et autres
monstrueuses messes noires moyennant
finances. Elle fit sa fortune surtout auprès
de grandes dames de la Cour, trouvant pratique
d'être débarrassées soit d'un parent gênant, soit
d'un fruit indésirable, ou d'une rivale
encombrante. La Voisin entraînée par sa
lancée va même tester un de ses poisons sur sa
propre fille, dont elle avait paraît-il déjà
sacrifié l'enfant au cours d'une messe
noire, mais par un réflexe maternel bien tardif,
la gentille "grand mère" sauvera son héritière en lui faisant
boire un antidote ....Comme toute sorcière
respectable, la Voisin terminera dans les flammes
en 1680 allant en multiples étincelles rejoindre le Diable son
maître.

ontinuons
la promenade, nous voici rue Pigalle, qui n'était
pas encore illuminée par les vitrines des sex-shops, par contre nos chères péripatéticiennes
sous un autre nom sillonnaient déjà le
quartier....Au XVème siècle un gigantesque
charnier transformé en cimetière voit le jour,
c'est le cimetière des Innocents, dernière demeure
des "Manants". Philippe Auguste en ordonnera la
clôture d'enceinte afin de donner à ce lieu la dignité voulue
pour un tel endroit. Au siècle de Louis XIV, la
fameuse cour des miracles en fera l'un de ses
quartiers généraux. Le cimetière des Innocents
véritable coupe gorge dès la nuit tombée, les
archers du roi n'osant s'aventurer dans le noir au
milieu de ce cloaque, servait de théâtre aux
libations et autres orgies des truands et
ribaudes, sous la tutelle très respectée de leur
chef le "Grand Coesre". Au milieu du siècle des
lumières, le Lieutenant de police La Reynie ayant
fait éclairer Paris, les jours des bandits seront
comptés. Le célèbre Cartouche, réunira les
survivants à la fin du règne de Louis XIV, mais
leur action éphémère sera anéantie à l'exécution
de leur chef, beaucoup moins beau et sympathique,
il faut bien le dire, que son personnage
cinématographique Jean-Paul Belmondo.

aintenant
nos pas nous mènent vers le square Louis XVI
à la hauteur du 29, rue Pasquier dans le 9ème
arrondissement, c'est là en 1816, sur
l'emplacement de l'ancien cimetière de la
Madeleine racheté au Sieur Desclozeaux magistrat
monarchiste, que Madame Royale, fille des
souverains martyrs fera édifier la chapelle
expiatoire dédiée à Louis XVI et Marie-Antoinette.
Ce monument élevé à leur mémoire est ahurissant de
beauté, l'architecture toute de finesse fait
penser à une femme très belle, parée comme pouvait
l'être la reine qui a inspiré cette oeuvre. Plus
que dans
la Basilique Saint-Denis qui a recueilli
leurs ossements, vous pouvez entendre battre le
coeur de ces deux époux tellement différents toute
leur vie, mais si proches au moment de la mort.
Dans le silence de ce véritable temple et si vous
tendez bien l'oreille, il n'est pas rare
d'entendre comme un sanglot, ultime reflet des
pleurs versés par les guillotinés de 1793 sur
l'avenir de leurs enfants et le peuple de France.


e
quittons pas la rive droite de la Seine, allons
faire un tour du côté de l'île de la Cité, lui
faisant face la place de l'Hôtel de Ville répondit
il y a fort longtemps au nom tristement célèbre de
Place de Grève. Pourquoi Place de Grève ? Tout
simplement parce qu'elle descendait en pente douce
vers la Seine , où accostaient les bateaux. Dans
la partie haute de la place les ouvriers sans
travail (et sans assédic) avaient pris l'habitude
de se réunir. Mais surtout cet endroit de 1310 à
la restauration servira de lieu d'exécutions et de
tortures raffinées. Le bon peuple à une époque ou
Guy Lux et Patrick Sébastien étaient encore
dans les limbes, se rendait en famille sur cette
place dans une ambiance de franche gaîté pour
assister aux divers supplices et exécutions
capitales, admirant au passage la justice du roi.
Je vous ferais grâce des détails croustillants des
spectacles distrayants et variés de pauvres
bougres écorchés, roués, pour tout dire tourmentés
de façon ignoble, après avoir subit les questions
ordinaires et extraordinaires dispensées savamment
par Monsieur de Paris bourreau officiel et
officiant de père en fils. La révolution en
installant la guillotine sur la place portant son nom
(anciennement place Louis XV, actuellement place
de la concorde) s'est montré, pour une fois,
plus humaine en guillotinant purement et
simplement les condamnés. Aujourd'hui la
magnifique place de l'Hôtel de Ville est un des
lieux de promenade des touristes. Dieu merci, les
cris de souffrance et d'agonie des suppliciés ne
retentissent plus et le vent qui balaye l'endroit
n'apporte que chants d'oiseaux et feuilles
voletant gracieusement avant d'être à la pelle
ramassées.

oilà,
j'espére que ce petit tour de la ville lumière
vous aura séduit, laissons nos pieds reposer et
nos yeux digérer de telles merveilles. Dans
quelques temps je reprendrai votre main, la visite
est loin d'être finie. Paris telle la caverne
d'Ali Baba regorgent de trésors que nous
découvrirons bientôt ....