BOUSSAC

 

 A Dominique CLOUP - GUIARD

oilà pour éclairer son histoire quelques dates importantes dans la vie de  ce magnifique Creusois: le château de BOUSSAC:
   
1255 a famille de Brosse devient propriétaire du château de BOUSSAC par mariage
1420 e maréchal de Boussac apporte les transformations nécessaires à la reconstruction du château
1429 eanne d'Arc dont le maréchal de Boussac fut le compagnon d'armes met le siège devant Orléans
1433 e maréchal de Boussac rend son âme à dieu
1729 a famille Carbonnières prend possession du château
1789 e donjon est détruit par la révolution française (encore un)

 

i vos pas vous mène un jour du côté de la Creuse, prenez la peine de vous rendre à BOUSSAC petite bourgade dominant une nature toujours verte, c'est là au sommet de la ville que trône depuis des siècles le château féodal de BOUSSAC.

a légende raconte que le premier château de BOUSSAC aurait été construit sur ordre de Jules César, c'est vous dire que cela ne date pas d'hier, toutefois c'est au XIème siècle que le nom des châtelains nous est connu, il s'agit des princes de Déols (actuellement ville des environs de Châteauroux). En 1255, la fille du Prince de Déols convole en justes noces avec Roger de Brosse, grande famille qui tout au long de son histoire sera fidèle aux souverains français. On trouve un de Brosse aux côtés de Jean II le Bon, quant à son neveu, il s'agit du célèbre maréchal de BOUSSAC, compagnon d'armes de Jeanne d'Arc qui à son côté se battit héroïquement contre l'envahisseur anglais. En 1420, les débuts de la guerre de 116 ans ayant quelque peu abîmé son château, le maréchal de BOUSSAC le restaure. La fidélité étant une tradition familiale nous retrouvons le fils du maréchal Jean II de Brosse au côté de Charles VII puis de Louis XII. Malheureusement son fils René a la mauvaise idée de prendre parti pour le connétable de Bourbon félon au roi de l'époque François 1er, le roi ne pouvant poursuivre le coupable qui eut la bonne idée de se faire tué à la bataille de Pavie, c'est son fils Jean IV qui paiera les pots cassés (on connaît le proverbe: les parents boivent etc...). Après confiscation de ses biens par la couronne Jean IV rentrera en possession de sa fortune en acceptant un marché proposé par le roi: il accepte de servir d'époux complaisant et inactif à la favorite en titre Anne de Pisseleu, Duchesse d'Etampes, le roi pouvait mettre la dame dans son lit mais les convenances (oui, oui, oui) exigeaient qu'elle soit établie dans le mariage. Pour de ce service Jean IV est fait Duc d'Etampes et gouverneur de Bretagne. A la mort de Jean IV le mariage de celui-ci n'ayant donné aucun héritier (et pour cause) le château de BOUSSAC passera au frère de son épouse aimante et dévouée François de Luxembourg. Puis c'est le Duc de Mercoeur époux de Marie de Luxembourg, nouveau gouverneur de Bretagne et beau-frère du roi Henri III qui le possède. C'est donc tout naturellement qu'en 1585 le Duc de Mercoeur fera présent du dit château à sa soeur Louise de Lorraine-Vaudémont Reine de France par son union demeurée stérile (fut-elle seulement consommée) avec Henri III. La politique ayant ses exigences César de Vendôme, fils naturel de Henri IV et Gabrielle d'Estrées, à la demande expresse de son père, demande qui équivalait à un ordre, devint l'heureux propriétaire de BOUSSAC en épousant la fille du Duc de Mercoeur qu'il fallait rallié à la couronne instable du Bourbon. Parmi les innombrables propriétaires de ce château nous trouvons également le Comte Auguste de Loménie-Brienne secrétaire de Louis XIV, les Reilhac  qui délaissèrent le titre de Comte pour celui de Marquis de BOUSSAC, enfin en 1729 la famille Carbonnières entra en possession de l'édifice.

a révolution française qui n'en finissait pas de détruire le patrimoine de la France démolira le donjon. En 1817, la Marquise de Ribeyrex, dernière descendante des Carbonnières vend le Château de BOUSSAC à la ville qui en fera successivement  l'hôtel de la sous-préfecture puis une école ménagère dépendant du ministère de l'Agriculture (?). M. & Mme Blondeau rachetèrent le château pour le plus grand bien de celui-ci, la restauration et les aménagements des jardins ainsi que le remeublement de BOUSSAC en font aujourd'hui un lieu d'expositions attirant à lui de nombreux visiteurs qui contribuent par leur intérêt à sa résurrection.

e laisserai la conclusion de ce chapitre à une personne dont nous ne pouvons décemment pas ignorer  la trace du souvenir laissée à BOUSSAC, la Dame de Nohant, la merveilleuse Georges Sand qui écrivait ceci: "La cour et la façade armoriée regardent la ville, mais l'autre face plonge dans le roc perpendiculaire qui la porte sur le lit de la petite Creuse et domine un site admirable, un vaste horizon, une profondeur à donner des vertiges".

Webset Dominique NEMETH - PASQUET 2005