S D F

 (1995)

 

A vous tous qui menez des vies SNCF

Aux horaires bien réglés tout comme ceux des trains

Sachez qu’un rien suffit pour dev’nir SDF

Pour que la vie percute de plein fouet son destin

 

Et soudain plus de toit, l’homme devient la bête

Le paria, l’intouchable, le vaurien, le méchant

La misère fait peur mieux vaut tourner la tête

Et se barricader dans sa petite vie de brav’gens bien pensants

 

Pourtant hier encore j’étais un citoyen, un bon payeur d’impôts

Des amis, une femme, des enfants, une auto, même une planche à voile

Qu’il est court le chemin qui mène d’une maison à un lit dans l’métro

Et qui fait que l’été sans en avoir le choix on dorme sous les étoiles

 

Le chômage, la faim, la peur, le froid, le mépris de la foule

C’est comme le Cancer, tout l’monde est en sursis

Ca s’appelle la misère, il faut en endiguer à toute force la houle

Ca n’arrive pas qu’aux autres, il n’y a pas d’alarme, par pitié pensez-y

 

 

© Dominique NEMETH - PASQUET 2006