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Papa
Voila, tu t’en vas bienheureux et moi je reste seule avec mes questions, avec mes demandes, avec ce manque d’amour que tu m’as tant donné. Et devant ton cercueil je pleure et je m’étonne de ce chagrin si lourd de ce manque de toi soudain.
Aujourd’hui je me sens orpheline malgré tout et surtout malgré toi. Je ne te souhaite pas une éternité heureuse et douce, cela serait trop facile, je désire que tu souffres autant que moi je souffre, que tu regrettes enfin de m’avoir mal aimée, que tu comprennes le mal que tu m’as toujours fait. N’attends pas le pardon, n’attends pas de ma part la tendresse tardive ou le doux repentir. Ton départ a armé ma vengeance et ma haine, mes larmes ne sont pas des larmes de tendresse, elles ne sont que le reflet des regrets de mon âme, je n’ai pas pu te dire tout ce que je voulais, tu m’as une fois de plus privée du privilège de pouvoir m’exprimer.
Je voulais tellement t’aimer, je voulais tellement que tu me dises je t’aime, cela ne sera pas, une fois de plus tu t’es enfermé dans ce monde dont je ne faisais pas partie. Entre ces quatre planches tu me fuis encore et tu m’obliges à souffrir. Tu te dérobes et me refuses toujours ces instants que je voulais connaître.
Oh mon père, toi que j’avais tant de mal à appeler papa, toi qui ne m’a jamais prise dans tes bras et dont les baisers parcimonieux me manquaient tellement, toi qui m’a tant blessée, toi qui m’aimais si mal, je crois que quelque part et dans le plus profond de mon corps et mon âme …………………….. peut-être je t’aimais.
Je pardonne parfois, mais je n'oublie jamais !!!!
© Dominique NEMETH - PASQUET 2009 |