Ma Grand-Mère

25 Mai 1911 - 25 Octobre 1999

 

Une des femmes de ma vie, ses yeux couleur d'automne reflétaient le bonheur

Et quand elle me serrait sur son coeur si aimant, toute la clarté du ciel envahissait mon être

Blottie entre ses bras, reposant sur son âme je croyais que le monde était tout en douceur

Pourtant dans ses colères à l'accent du soleil les murs tremblaient parfois il faut le reconnaître

 

Les jeudis merveilleux passés à écouter ces chansons réalistes qui savent parler au coeur

Et je pleurais bien sûr en entendant l'histoire de ce pauvre Pataud, ou bien du ballon rouge

Mais c'était du bonheur quand sa voix me contait ce passé inconnu avec tous ses malheurs

Lovée entre ses bras, reposant sur son sein aussi doux qu'un coussin seul un bombardement aurait fait que je bouge

 

Et j'étais la première à être aimée de toi, première petite fille, ton honneur, ta fierté

Tu as veillé sur moi lorsque vers l'hôpital cette fièvre fatale voulait me faire mourir

Je te revois si belle du haut de mes 3 ans portant comme un trophée ce nounours gigantesque que tu m'avais acheté

Je l'ai gardé longtemps pour le donner un jour à un enfant perdu, afin que son visage affiche un beau sourire

 

Pendant tellement d'années je t'ai crue immortelle, comment imaginer la mort d'une Mamie

Aujourd'hui je sais bien que je me suis trompée et ma blessure saigne de t'avoir perdue

Tu étais mon enfance, mon adolescence et le témoin heureux d'une partie de ma vie

Mes "hier" me manquent au-delà du possible, et je guette tes signes attentive, éperdue

 

Ma petite Mamie si belle et si fraîche, à la peau aussi douce que celle de la pêche

Ton parfum me revient et aussi les saveurs que tu nous composaient

Magicienne de ma vie, doux réconfort parfois quand celle-ci fut revêche

Je te parle tous les jours et te demande souvent d'encore me protéger

 

Je te sens près de moi, celà me fait du bien de penser qu'aujourd'hui tu n'as plus de problème

Que tu flottes légère auprès de tes parents, et que si Dieu existe tu dois le sermonner lorsque meurt un enfant

Cette enfant si petite que nous avons perdue, et que tu as rejoint au creux du paradis fabriqué par mon coeur pour tous les gens que j'aime

Continue de l'aimer comme tu l'as toujours fait, Toi ma Mamie d'Amour pour les petits et grands

 

Rien ne pourra jamais comblé ce vide immense creusé par ton absence

C'est pourquoi chaque jour la grand-mère que je suis cherche à te ressembler

Toi qui m'a tant donné et qui m'a fait baigner dans ton Amour intense

Mais ce qui me console c'est qu'un jour encore loin mais certain je le sais, je vais te retrouver

 

 

 

© Dominique NEMETH - PASQUET 2006