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Annie (Septembre 1996)
Et tu riais si fort, je riais avec toi Nos vingt ans sonnaient juste, nous avions tous les droits Nous refaisions le monde, mais nous l’aimions quand même Et attendions ensemble qu’on nous dise je t’aime
C’était il y vingt ans ou vingt-cinq peu importe Nous étions jeunes et belles et pas très décidées Aujourd’hui je suis seule et je frappe à ta porte Tu ne me réponds plus, la sonnette est cassée
J’ai eu la prétention que mon amour pour toi Te ferait revenir à la vie, à la joie Que tu supporterais tes soucis, tes tracas Je n’avais pas su voir dans tes yeux le trépas
Tu m’as bien eu ma belle, ma complice, mon amie Quant tu m’as embrassée en me disant merci Tu avais décidé de partir loin d’ici Ta trahison me brûle et mon cœur s’endurcit
Pourtant je comprends bien que ton âme souffrait trop Que ta vie devenait un funeste fardeau Et qu’avant que ton corps casse sur les cailloux Ton cœur était brisé et n’était plus chez nous
Nul ne doit te juger, c’était ta volonté Personne ne vivait ce que tu supportais Et j'entends cette phrase d’un sale jour de juillet « Vers son éternité Annie s'en est allée »
Il faut que je l’écrive et que je la répète Pour que ma peine souffle ainsi que la tempête Que l’orage de mon cœur s’apaise peu à peu Que je comprenne enfin que pour toi c’était mieux
Tu leur laisses ta fille, dieu que la tâche est dure Pour lui faire comprendre que tu l’aimais si fort Mais en ouvrant son cœur le soir à ton murmure Elle saura que c’est vrai et que tu vis encore
© Dominique NEMETH - PASQUET 2006 |